Objection Votre Honneur



Publié le lundi 18 février 2008


Lundi 18 février 2008

PAULINE MAROIS À TOUT LE MONDE EN PARLE

Mme Marois à beau essayer de défendre la médiocrité du français des Québécois pour se faire du capital politique, la réalité du Québec est tout autre. La chronique de Richard Martineau dans le Journal de Montréal du samedi 16 février 2008 décrit avec plus justesse notre triste réalité. Une cheffe qui fait l’autruche est la dernière chose que le Québec à besoin pour se sortir de sa médiocrité et renverser sa régression sociale. 

La  charrue  et  les  bœufs    (Chronique de Richard Martineau)

Si un extraterrestre me demandait de lui définir ce qu'est un Québécois, je lui dirais que c'est un gars qui n'a pas d'argent pour chauffer son bungalow, mais qui a une grosse télé HD dans sa chambre à coucher. En effet, au Québec, on a de la difficulté à établir nos priorités.

Des chiffres effarants

Prenez l'actuelle discussion sur le bilinguisme. Selon Pauline Marois (et plusieurs commentateurs de la scène socio-économique), les Québécois doivent devenir bilingues au plus sacrant. Effectivement, la connaissance de la langue anglaise est essentielle en 2008. Mais avant de demander aux Québécois francophones de maîtriser l'anglais, pourrions-nous les aider à parler correctement leur langue maternelle?

Selon Statistique Canada, le fléau de l'analphabétisme touche la moitié de la population active québécoise âgée de 16 à 65 ans. Vous avez bien lu: 50% des Québécois n'ont pas la capacité de lire suffisamment bien pour fonctionner dans le monde moderne! Un million de personnes sont incapables de lire une phrase au complet ou d'en dégager le sens. Et 1 700 000 autres éprouvent d'énormes difficultés: elles peuvent comprendre le titre des articles d'un journal mais pas un paragraphe. Et l'on voudrait mettre ces gens à l'anglais?

Le boss des Bécosses.

Le Québec est inconscient. On croit qu'on est un peuple riche, éduqué. Or, c'est tout le contraire. On est dans la merde jusqu'au cou. Avant de songer à acheter une piscine creusée, pourrions-nous mettre un peu de bouffe dans le frigo?

En 2001, 31,7% des Québécois n'avaient pas un certificat d'études secondaires. Et on se pète les bretelles? On joue aux big shots? On agit comme si on était le boss des bécosses? Réveillons-nous! C'est tout juste si on peut se qualifier pour les laver, les bécosses! Et, de grâce, cessons de nous croire plus intelligents que les autres parce que nous parlons français.

En 2001, dans l'ensemble de la population québécoise de 25 ans et plus, la proportion la plus élevée de bacheliers universitaires se retrouvait parmi ceux qui avaient l'anglais comme langue maternelle (23,1 %) et la proportion la plus faible, parmi ceux de langue maternelle française (14,2 %). On n'a aucune raison de pavoiser.

Le Titanic coule, et on danse la gigue sur le pont...

Surréalisme

Cette discussion sur le bilinguisme est surréaliste. Le problème qui accable le Québec est beaucoup plus vaste, plus profond. On est en train de crever d'un cancer généralisé, et nos politiciens se pointent à notre chevet avec des suppositoires de crème Budwig! Allô?

«La France ne fait jamais de réformes que dans la foulée d'une révolution», disait De Gaulle. Idem pour le Québec. On a eu la Révolution tranquille, et depuis, rien. Que de la gestion à la petite semaine.

À quand la prochaine révolution?